Les accidents causés par des animaux sauvages mieux indemnisés : le Loiret très concerné
Publié le 17 mai 2009 - 15:38
Les routes du Loiret sont régulièrement le théâtre d'accidents causés par les sangliers et, dans une moindre mesure, les cerfs.
695 accidents de la route avec des animaux sauvages ont été recensés dans le Loiret en 2008, ce qui place le département dans les douze les plus touchés. Les règles d'indemnisation ont changé, du coup les victimes affluent.

Avec 695 accidents enregistrés en 2008, le Loiret figure parmi les douze départements français les plus touchés par les collisions routières avec des animaux sauvages, cerfs, sangliers, chevreuils, renards et autres blaireaux. Pas étonnant à en juger par le nombre de routes départementales et nationales qui traversent des zones forestières denses et giboyeuses.
Or, les dossiers de demande d'indemnisation explosent au niveau national (33.378 en 2008 contre 11.223 en 2007) du fait d'une modification des règles d'indemnisation. Le nombre de dossiers pour 2008 pourrait même atteindre 35.000 selon le FGAO (Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages), puisque les automobilistes accidentés disposent de six mois pour faire leur déclaration, soit jusqu'au 30 juin 2009.
« Ce qui a changé », explique-t-on chez FGAO, « c'est qu'on indemnise désormais la franchise des automobilistes qui sont assurés "tous risques", de l'ordre de 300 euros, et qu'on prend en charge l'indemnisation de ceux qui ne sont assurés qu'aux deux-tiers. Donc, même à partir d'1 euro, les automobilistes sont remboursés ». Le FGAO constitue une « caisse » commune à toutes les assurances et spécialement dédiée à ces indemnisations. Du coup, les sociétés d'assurance contactées mardi avaient à peine connaissance de cette modification des règles d'indemnisation qui leur échappent.
296 collisions avec des sangliers en 2008 dans le Loiret
Pour être plus précis encore, sur les 33.378 accidents enregistrés en 2008, 36 % ont pour origine les sangliers, 17 % les chevreuils et 8 % les cerfs. Dans le Loiret, on estime que le sanglier est la première cause des accidents avec 296 collisions enregistrées, ce qui place le département dans les six premiers de France en terme d'accidentologie.
Des chiffres qui restent néanmoins difficiles à vérifier. « Fort heureusement, la plupart des accidents ne sont que matériels et nous ne sommes donc pas souvent appelés », explique ce pompier du centre départemental d'incendie et de secours. « D'autant qu'avant, il était interdit de ramener chez soi un animal percuté. Aujourd'hui, on le met dans son coffre, et on repart avec. La gendarmerie n'est plus appelée non plus. »
Fin janvier dernier, à Briare, sur le CD 952, un Saranais a heurté un troupeau de sangliers traversant la route. Un accident sans gravité heureusement. La voiture a été endommagée et les cinq bêtes blessées se sont enfuies dans les champs. Pour autant, certaines collisions avec le gros gibier peuvent avoir des conséquences parfois tragiques. En France, une trentaine de personnes meurent chaque année des suites d'une collision avec un sanglier ou un cervidé. La majorité des collisions a lieu entre 6 heures et 9 heures du matin et entre 18 heures et minuit, avec bien sûr une recrudescence à l'automne au moment du brame et des battues pour les cervidés, et pour les sangliers, à l'automne et en hiver.
Alors, soyez vigilants au moment de traverser les bois. Ce n'est pas le grand méchant loup qui vous guette, mais le gibier imprudent.
"On attend les 300 euros
L'accident est survenu fin janvier 2009. Hélène, jeune Orléanaise, était au volant de sa Clio sur une route de Touraine lorsqu'un cerf s'est immobilisé au beau milieu de la chaussée. « Je roulais à 90 km/h. J'ai freiné mais je n'ai pas pu éviter la collision. Le cerf est passé au-dessus de la voiture », se souvient la jeune femme. Résultat : tout l'avant du véhicule défoncé et tout juste la possibilité de « traîner » la voiture jusqu'au village le plus proche. S'ensuit après l'inévitable expertise pour évaluer le montant des réparations.
« L'expert a conclu que compte tenu de l'importance des dégâts, ce n'était économique pas rentable de faire réparer la voiture », poursuit Grégory, son compagnon. « L'assureur a racheté la voiture. Au départ, il s'est basé sur le rapport de l'expert et ne nous en proposait que 3.600 euros. Finalement, on a fait des recherches et des comparaisons et on a pu obtenir une indemnisation de 4.000 euros pour la voiture. Mais il a fallu argumenter et donner des exemples similaires pour faire pencher la balance ».
En revanche, le couple n'a toujours pas touché de la part du FGAO le remboursement de cette fameuse franchise de 300 euros, nouveauté depuis le 11 juin 2007. « On attend et on espère que ça ne tardera pas à arriver », conclut Grégory. Pour 2008, près de 16 millions d'euros ont déjà été consacrés par le FGAO à l'indemnisation des accidents provoqués par des animaux.
Anthony Gautier - Larep.com
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en faisant une déclaration à la police ou à la gendarmerie vous avez le droit de récupérer l'animal.