Toujours les dégâts de sanglier !
Dégâts du grand gibier, situation de la perdrix grise, les sujets de préoccupation ne manquent pas pour les responsables de la fédération départementale
Face aux risques d'une nouvelle hausse de la facture des dégâts aux cultures, l'heure est plus que jamais à la prévention et à la vigilance...
Comment concilier le maintien de populations de sangliers à un niveau cynégétiquement attractif et la nécessité de maîtriser une facture des dégâts qui ne cesse d'augmenter avec le risque de mettre à mal les finances fédérales et le porte-monnaie des chasseurs ?
C'est le problème que doit résoudre la fédération départementale des chasseurs qui lors de son assemblée générale annuelle a mis une nouvelle fois en garde les chasseurs contre d'éventuelles dérives. Entendez par là les surpopulations dans certains secteurs et une prévention des dégâts insuffisante, qu'il s'agisse des clôtures électriques ou du refus de mesures de dissuasion notamment avant l'ouverture au bois.
Une facture de 270 000 €
Comme l'a souligné Claude Mercuzot, le président de la fédération, « il convient de rappeler que l'indemnisation des dégâts, si elle est légale, ne constitue pas une fin en soi, car si l'agriculteur sème, c'est pour récolter. Les finances fédérales, donc celles de l'ensemble des chasseurs, ne sont pas inépuisables surtout avec l'inexorable baisse du nombre des permis. Nous devons être capables de prendre nous-mêmes les mesures qui s'imposent avant qu'elles ne nous soient imposées. »
La réalité est qu'après une première hausse de la facture de 37 %, il faut faire face à une nouvelle hausse de 41 %, soit un montant global de 270 000 €. Le nombre des dossiers d'indemnisation est ainsi passé de 373 à 572 et si les dégâts sur céréales sont en baisse, il n'en est pas de même sur les maïs où c'est l'explosion. Heureusement que le coût des denrées a baissé car sur la base de la campagne précédente, ce sont 130 000 € supplémentaires qui auraient dû être déboursés. « Heureusement que la fédération a su être prévoyante », s'est félicité Claude Mercuzot.
9 000 sangliers au tableau
L'heure est donc à la vigilance et on espère que le tableau de chasse record de 9 000 sangliers la saison passée aura fait son effet. À moins qu'il ne soit que le reflet de populations pléthoriques…
En attendant, les craintes pour 2009 sont bien réelles que ce soit en raison des dégâts déjà constatés ou de l'absence de nourriture en forêt faute de glandée l'an passé. Pour maintenir la situation sous contrôle « la fédération saura comme à son habitude prendre ses responsabilités », a conclu Claude Mercuzot sur ce chapitre.
Agrifaune : un espoir pour le petit gibier
Autre sujet majeur à l'ordre du jour de l'assemblée générale, la présentation des opérations menées dans le cadre de l'opération Agrifaune à l'intention du petit gibier qu'il convient de ne pas oublier malgré une situation moins florissante que celle du grand gibier.
Solène de Pontbriand, chargée du dossier à la fédération régionale des
chasseurs, a rappelé qu'Agrifaune visait à « instaurer et dynamiser le dialogue avec le monde agricole ». Parmi les projets qui font l'objet d'expérimentation, faire que les cultures intermédiaires destinées à piéger les nitrates soient plus favorables à la faune tout en étant agronomiquement utiles à l'agriculteur. Des mélanges de plantes ont été testés notamment sur un site à Épagne.
Autres projets à l'étude dans le cadre d'Agrifaune, l'implantation dans les plaines désertiques de « bouchons » de 4 m2 à raison d'un pour 1 0 hectares ou encore l'utilisation des mesures compensatoires des parcs éoliens qui présentent des opportunités pour la biodiversité. Autant d'orientations qui ne laissent pas insensible le monde agricole qui se voit par ailleurs imposer des mesures environnementales. Il y a peut-être un terrain d'entente à trouver. Faudra-t-il encore que tout cela soit financièrement compatible et là c'est une autre histoire… |