C'est un loisir qui leur coûte cher (1 900 E de cotisation annuelle), mais pour les 32 sociétaires de l'Amicale Saint-Hubert, se retrouver une ou deux fois par semaine dans la forêt de Crémarest pour chasser le faisan vénéré, la bécasse ou le sanglier, ça n'a pas de prix.
Stéphane Beaurain, président de la société, et son associé Laurent Lefebvre, vice-président, tous deux Audomarois, insistent sur l'esprit de convivialité qui règne dans le groupe, symbolisé par le repas pris en commun le midi dans le pavillon de chasse. S. Beaurain (38 ans), qui se présente comme le plus jeune locataire de chasse en forêt domaniale de la région, tord le coup à l'idée que la chasse en forêt est élitiste, quand bien même le coût, disons-le, n'est pas à la portée de toutes les bourses. « La chasse en forêt privée est élitiste, c'est un fait, nuance-t-il, pas la chasse en forêt domaniale. Chez nous, il y a des cadres, des chefs d'entreprise, mais aussi de simples salariés passionnés. On tient à maintenir cette mixité sociale. » Le territoire de chasse s'étend sur 260 ha de forêt (lot 2 de la forêt domaniale de Desvres) situés dans la commune de Crémarest. La société les loue 40 000 E par an à l'Office national des forêts (donc à l'État) et dispose d'un bail courant jusqu'en 2016. « La chasse est non commerciale et le gibier diversifié, continue Stéphane Beaurain, tandis qu'un bon feu de bois réchauffe la pièce. On chasse le faisan commun qui fait l'objet d'un plan de gestion non pas approuvé mais imposé, mais il ne s'acclimate pas en forêt. On va s'orienter vers le faisan vénéré, plus sauvage, qui aime les grandes futaies, et qui est plus difficile à chasser car il fuit les chiens comme la bécasse. La population de lapins et lièvres reste quant à elle faible. » L'idée qu'on se fait traditionnellement de la chasse au bois, c'est le gros gibier. « La battue au sanglier (lire ci-dessous) ou au chevreuil, ça ne représente qu'un quart voire 1/5 du temps de chasse entre septembre et février, rectifient les deux associés.
Dans les forêts de Desvres et Boulogne, la population de sangliers est très faible. » Les deux passionnés mettent aussi en avant le rôle de la chasse dans « la gestion durable des milieux forestiers. » Ils prônent une chasse « respectueuse de l'environnement » qui « contribuent à la régulation de certaines populations d'animaux et assure l'entretien du milieu naturel par des actions de gyrobroyage et de nettoyage. »
Source: La Voix du Nord




