La chasse au féminin se veut non-féministe et conviviale
Martine Pion (à gauche), présidente nationale de « La chasse au féminin », était dans l'Aube à côté de Valérie Hennequière, présidente départementale.
Réunie pour son 10e congrès, l'association nationale « La chasse au féminin » souhaite développer la chasse familiale
Tout a commencé en 1997 à Paris. Martine Pion, originaire de la Somme, est dans une manifestation pour la sauvegarde des chasses traditionnelles en compagnie d'amis et de son mari. En arpentant les pavés de la capitale, elle s'aperçoit que de nombreuses femmes sont mobilisées dans le cortège bruyant pour la cause de saint Hubert. « Là, il y a quelque chose à faire », pense-t-elle.
Aussitôt pensé, aussitôt fait. Deux ans plus tard, l'association voyait le jour. Elle compte actuellement environ 1 000 adhérents parmi les 10 000 permis validés par la gent féminine sur l'Hexagone.
Depuis, l'association a pris de l'ampleur. Dans l'Aube, c'est Valérie Hennequière qui est l'ambassadrice de « Chasse au féminin ».
L'association n'est pas une énième version d'une mouvance féministe, bien au contraire. Ces femmes ne revendiquent rien si ce n'est que « la chasse n'est pas un handicap pour les femmes, la mixité est indispensable à la chasse car elle est le reflet de notre société. » Leur objectif premier est de convaincre les femmes des chasseurs que la pratique ne se conjugue pas qu'au masculin. « Pourquoi pas nous ? », s'exclame Valérie Hennequière.
La culture de la chasse
À l'heure où les fédérations des chasseurs cherchent à développer et attirer les jeunes vers cette pratique, l'association de Martine Pion est bien dans le tempo et la bonne voie : « Notre objectif est de développer la chasse familiale et la convivialité. La chasse a toujours existé dans notre
culture. Si des femmes chassent, nos enfants viendront se joindre à nous et c'est aussi leur donner une leçon de nature. »
Pour ce faire, l'association axera et renforcera de multiples actions en direction des femmes et des familles en participant aux différents salons de la chasse comme à Rambouillet ou à Châteauvillain, pour ne citer que les plus connus, mais aussi en organisant des journées de chasse et en faisant participer des femmes et les écoles aux comptages des différentes espèces de gibier sur les différents départements.
Par des échanges interrégions, « chasse au féminin » permet également de faire découvrir d'autres régions et techniques de chasse aux femmes… mais aussi aux hommes qui les accompagnent.
Martine Pion devait souligner également que les femmes étaient aussi aux côtés des hommes dans leur passion car « la chasse n'a pas besoin d'être défendue… La chasse a besoin d'être expliquée pour être comprise ». Et les femmes peuvent mettre une pierre sur cet édifice.
Didier CHANEL
Source : L'Est Eclair
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