Contrairement à ce que laisserait entendre une formule destinée à maîtriser l'élocution, le bon chasseur serait celui qui sait chasser avec son chien. « Le plaisir de la chasse ne passe que par le chien, sans cela ce n'est pas captivant », affirme Daniel Leheup, deux fois vice-champion de France du concours Saint-Hubert avec spaniel, en 2006 et 2008.
Une épreuve qui a débuté dans les Landes, à Herm, il y a une trentaine d'années et dont la finale nationale se déroule traditionnellement à Rambouillet en décembre. Avec comme principe de sanctionner un parcours de chasse complet où la complicité entre le chasseur et son chien compte beaucoup, tout comme le respect des règles de sécurité. « Le but de ce concours est de valoriser les bonnes pratiques de chasse. Chaque année, les sélections dans les départements sont précédées d'une journée de formation », précise Michel Cassagne, secrétaire national de la FCSH (1).
Une épreuve que ne connaissait pas Daniel Leheup, jusqu'à ce qu'une finale des Landes soit organisée à Escource en 1992, tout près de Commensacq, où ce Normand d'origine avait décidé de s'installer pour prendre sa retraite, « dans un endroit où il fait bon et où l'on peut chasser », confie-t-il avec un sourire malicieux.
60 années de pratique
Première participation avec un braque français, Irun, et premier titre de champion des Landes en 1992 pour Daniel Leheup qui avoue s'être pris au jeu depuis. Au point de se présenter dans deux catégories différentes : avec un chien d'arrêt, Patrol, un braque français, et avec un spaniel, Petrus. Et de se classer dans les deux catégories à l'issue des finales régionales l'hiver dernier. À 76 ans, et après 60 années de pratique, sa passion de la chasse et des chiens est toujours vivace : « J'ai eu plus de facilité avec le braque français qu'avec le spaniel. Un chien moins spectaculaire mais terriblement efficace, avec aussi un bon rapport. Les spaniels n'hésitent pas à rentrer dans les endroits les plus difficiles comme des ronciers touffus. C'est une chasse différente et plus physique, mais c'est une chasse plus gaie ».
Daniel Leheup explique ses performances en concours Saint-Hubert par son habitude du terrain. « Si cela reste une compétition, je ne ressens pas trop le stress de l'épreuve parce qu'on y privilégie un comportement naturel en situation de chasse », précise-t-il.
Complicité
L'essentiel de sa réussite tient surtout à la complicité qu'il entretient avec ses chiens et à leurs qualités. Si les éleveurs landais entretiennent de bonnes souches qui peuvent donner satisfaction à beaucoup de chasseurs, il faut néanmoins apporter beaucoup d'attention au dressage. L'écoute, une quête intelligente obtenue en faisant chasser sur des biotopes différents, comme le rapport, réclament un travail quotidien et « rien n'est jamais gagné avec un chien » prévient Daniel Leheup.
Il y a toutefois des moments de satisfaction, comme à la chasse, lorsque le chien regarde son maître, scrutant ce qu'il attend de lui, avant de repartir. Ou bien, lors de la dernière finale régionale regroupant 13 départements pour une compétition très relevée, à Fargues-sur-Ourbise, lorsque son spaniel, Petrus, « fait un parcours de rêve » leur ouvrant de nouveau les portes du championnat de France.
(1) Fédération du concours Saint-Hubert, association indépendante qui est un trait d'union entre la Société centrale canine et la Fédération nationale de la chasse.