> Mobilisation. « On voulait réunir 3 000 personnes. On les aura. Maintenant on en espère encore plus », dit Raoul Bary, patron du Nord des chasseurs de gibier d'eau, l'un des organisateurs du « collectif des chasseurs en colère » qui a lancé l'appel à manifester le 21 mars prochain, un samedi, à 14 h 30, au départ de la place Poterne.
> Dimension hexagonale. Régional d'abord, le rassemblement a pris petit à petit une dimension nationale. On attend 15 bus venus de la baie de Somme, haut lieu cynégétique, neuf de la baie de la Canche. Et des manifestants venus du Calvados, de Gironde voire des Bouches-du-Rhône. Pas seulement des huttiers, chasseurs de gibier d'eau, aussi les défenseurs de la chasse en plaine et les piégeurs.
> Visé, le gouvernement. Et Jean-Louis Borloo. Le choix de Valenciennes, on l'aura compris, ne doit rien au hasard. La cible des chasseurs, ce jour-là, ce sera Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement. Ils viendront le taquiner dans son fief. Les motifs de la colère ? Ils sont liés d'abord aux promesses de campagne de Nicolas Sarkozy lui-même. « À l'époque, il avait réuni les chasseurs dans un forum, et avait promis d'élargir le calendrier de la chasse », explique Raoul Bary. Au final, les chasseurs n'ont rien vu venir. « Les promesses ne sont pas tenues. » Des représentants de chasseurs expliquent avoir déjà rencontré la semaine passée Dominique Riquet, tête de liste UMP aux européennes, pour lui signifier leur mécontentement. Le fameux calendrier tend même à se racornir encore. « L'an dernier on pouvait tirer l'oie cendrée jusqu'au 10 février, une tolérance, certes. Cette année, arrêt le 1er. » Ce qui a mis aussi le feu à la poudre ? Un arrêté pris par le ministre Borloo lui-même, protégeant la martre et la belette, ennemis jurés des chasseurs. Un arrêté certes suspendu depuis. « Mais suspendu jusqu'en mai, et... les élections. » La ficelle est grosse pour Raoul Bary.
> Montrer le biceps. On aura compris que les nemrods veulent montrer leurs forces. Et signifier la puissance du lobby face à un gouvernement et à un ministre qu'ils jugent un peu trop sensible, dans la négociation, aux arguments des écologistes, ceux qui furent ses alliés au Grenelle de l'environnement.
> Coup d'éclat. Le collectif prévient. Il a prévu un gros service d'ordre. Manière de dire que la manifestation sera aussi virile ?
« Au moins dans le ton », dit Raoul Bary. Mais certains chasseurs parlent déjà de l'un ou l'autre coup d'éclat. « Puisque les gens des villes aiment les nuisibles, on va en amener quelques-uns. » De là à assister à un lâchage de rats musqués dans le parc de la Rhonelle... •
T. T.
La Voix du Nord




