A Cheverny, le cerf se raconte par sa ramure
Cheverny. La vie d'une population de cervidés, par l'observation des trophées,
ce week-end, à l'orangerie.
C'est une obligation administrative : les gestionnaires de territoires de chasse à qui sont attribués des bracelets, autrement dit des autorisations de tirs, doivent présenter une fois par an les trophées des animaux prélevés. C'est ce week-end à l'orangerie du château de Cheverny.
Denis Debenest et Serges Bourdais, techniciens de la fédération, les membres de l'association des chasseurs de grands gibiers et quelques passionnés du cerf s'y sont attelés durant une semaine. Mais à quoi un pareil étalage de trophées peut-il bien servir ? « Cela peut être considéré comme un grand laboratoire », explique Denis Debenest. « L'observation des bois renseigne sur l'état de santé, sur la vie qu'a menée le cerf, son environnement, l'étude de la mâchoire donne l'âge avec une assez bonne précision. Ce sont des indicateurs biologiques du milieu. Des éléments de comparaison peuvent être établis entre plusieurs massifs forestiers, afin de connaître plus précisément l'état des populations de ces grands animaux. »
Pas de record à battre, pas de podium, le plus modeste daguet (jeune cerf dans sa deuxième année) apporte autant d'informations que le dix-cors, l'essentiel étant d'obtenir une vue globale la plus précise possible de l'évolution des cerfs sur un territoire donné. Les plus vieux sujets entreront alors dans le catalogue national, une vingtaine cette année pour le Loir-et-Cher, dont un, assez exceptionnel, pour mériter la première classification, celle dite d'or.
La saison 2008-2009 figure parmi les plus riches de cette décennie dans le département. Sur les 1.330 attributions de cerfs, il en a été réalisé 630, dont 34 % en daguets, 45 % en cerfs de deux ans et demi à cinq ans, 17 % de six à dix ans et 4 % de plus de dix ans. « Une situation satisfaisante dans la mesure où il convient de faire vieillir la population des cervidés », souligne Hubert Louis Vuitton. Le président de la Fédération des chasseurs de Loir-et-Cher ajoute qu'il sera toutefois nécessaire la saison prochaine d'augmenter dans certains massifs les attributions de bracelets, compte tenu de l'augmentation notable des cerfs et des biches.
Henri Lemaire
lanouvellerepublic.fr
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