Quatorze cerfs au menu du loup
BILAN HIVERNAL : Au moins quatorze cerfs victimes du prédateur en Valais. Tous dans la vallée d'Illiez. Si une meute devait se constituer, les dégâts seraient bien plus importants, selon le Service de la chasse.
Avec le loup photographié dans le canton de Lucerne, nous en sommes à huit spécimens recensés en Suisse. D'ici à un mois, avec l'inalpe, cet animal devrait refaire parler de lui auprès des troupeaux de moutons notamment. Cependant, il n'est pas pour autant resté inactif durant l'hiver. Avant de tuer plusieurs faons de cerfs en mars dernier en Gruyère et d'égorger récemment deux brebis française près de Genève, c'est bel et bien en Valais qu'il a sévi.
Aucun communiqué officiel n'est tombé durant l'hiver sur le loup. Le Service cantonal de la chasse confirme cependant une information du «Nouvelliste» selon laquelle pas moins de quatorze cerfs ont été tués cet hiver. Et ce, entre fin décembre 2008 et début avril dernier dans la vallée d'Illiez.
Cerf et chevreuil
Ces attaques avérées ne sont que la pointe de l'iceberg. On peut craindre que le nombre de victimes soit plus élevé. Car le poste de garde-chasse en titre dans la vallée d'Illiez est vacant et en conséquence les informations sont uniquement le fait de gardes auxiliaires.
«Il est vrai que nous obtenons moins de renseignements actuellement. Néanmoins, les gardes auxiliaires et les nombreux chasseurs de la région réalisent eux aussi des observations», ajoute Peter Scheibler, chef du service cantonal.
Aussi le chevreuil
«A notre connaissance, le loup est présent en Valais uniquement dans la vallée d'Illiez. Cet hiver, il était là, soit en permanence soit sporadiquement», indique Peter Scheibler.
Il ajoute: «Ses proies principales durant cette période de l'année sont le cerf tout d'abord, puis le chevreuil. Seules quelques carcasses de ces derniers ont été retrouvées à cause de leur plus petite taille. La présence du loup nous est indiquée non pas par des analyses génétiques, mais sur la base des morsures on peut partir de l'idée qu'il s'agit du prédateur.»
Le chiffre peut exploser
Pour l'instant, rien de très alarmant. Sur 300 à 400 cerfs peuplant le secteur, le bilan des bêtes tuées cet hiver devrait représenter un peu moins de 10% de l'effectif. Pourtant, si au lieu d'un ou deux loups, une meute devait sévir à moyen terme dans la région, les effets risquent d'être bien plus conséquents pour le gibier. Avec notamment une forte réduction du taux de reproduction (voir dans cette page l'avis de Peter Scheibler).
«Les défenseurs du loup qui espèrent que ce prédateur puisse remplacer les chasseurs devront expliquer à l'animal où il est préférable qu'il attaque, sur quelles classes d'âge il devra intervenir, et qu'il évite les mères portantes. Autant de précaution que le chasseur doit prendre pour réguler le cheptel», indique un spécialiste de la chasse et de la faune. Un exemple est cité quant à la nécessité d'un prélèvement réfléchi: les forêts de protection contre les avalanches. Le Service de la chasse essaie de maîtriser la présence des cerfs dans ces secteurs en ouvrant des volets de réserve.
«Allez expliquer au loup qu'il doit intervenir de préférence dans ces endroits...», note ce même Valaisan.
Source : lenouvelliste.ch
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