En Indre, la Fédération départementale des chasseurs tient son assemblée générale ce samedi. Baisse des effectifs et dégâts de gibier sont au cœur des préoccupations.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour la Fédération départementale des chasseurs. Après une « glandée exceptionnelle, l'an dernier », les adeptes du tir au fusil ont déploré une période de vaches maigres des fruits forestiers d'automne rarement observée. « On est passé d'un extrême à l'autre, résume laconiquement Valérie Giquel, la directrice. En 2007-2008, le gibier avait pu trouver tout ce qu'il lui fallait en forêt. Pour la saison 2008-2009, il a dû se rabattre sur les cultures des agriculteurs. Autant dire que les dégâts sont considérables. » Ce constat devrait être largement commenté lors de l'assemblée générale qui a lieu, aujourd'hui, à la salle des fêtes de Belle-Isle, à Châteauroux, à partir de 8 h 30.
Projections aléatoires
Pour l'heure, aucune estimation précise des dommages causés par le passage des cerfs, chevreuils, biches et sangliers n'a pu être réalisée. « En termes de volume, on sait juste que les parcelles de tournesols et de maïs ont été plus affectées que d'habitude, reconnaît Dominique Charpentier, la secrétaire du conseil d'administration. Heureusement, le prix des denrées a diminué sinon l'indemnisation des exploitants serait un véritable casse-tête ».
Car c'est à la Fédération qu'incombe le remboursement des dégâts. Et cette année, leur montant devrait être supérieur à la normale. « C'est pourquoi, nous incitons les agriculteurs à s'équiper en matériel de clôture pour limiter les destructions. Il en va de leur intérêt comme du nôtre. »
Le budget n'est évidemment pas extensible. « C'est un sacré exercice d'équilibriste !, reprend Valérie Giquel. Difficile de faire des projections quand on est tributaire de la nature, de la météo et de la délivrance des permis de chasse. » D'après les deux femmes, leur nombre est en baisse constante depuis une décennie. « De 1 % à 3 % suivant les saisons, précisent-elles. La mobilité des gens ainsi que l'élargissement de l'offre de loisirs ne sont pas étrangers à ce désintérêt. Seulement, le chasseur tient un rôle de régulateur social et environnemental. » Qui passe au second plan quand Dame Nature joue les avares.
Julien Renon - La Nouvelle République
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