Mission de nuit avec ONCFS
La nuit tombée, la neige et le froid incitent à rester chez soi. Pourtant, ce soir-là, les hommes de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), s'apprêtent à effectuer une mission. Objectif : lutte antibraconnage…
VERS 21 heures, rassemblement des effectifs au siège de l'ONCFS du côté de Marsannay-la-Côte.
Marc Voinson, le chef du service départemental accueille toute son équipe renforcée pour cette sortie nocturne, par des hommes des BMI (Brigades mobiles d'intervention). Il présente la mission. Il s'agit d'une action de police dans le cadre de la lutte antibra- connage.
Récemment, le service a recueilli un renseignement faisant état d'un acte de chasse illégal commis sur un cerf dans un massif forestier du département. Le ou les braconniers étant susceptibles de renouveler leur méfait, la zone en question doit être surveillée.
L'objectif est de procéder à l'interpellation de ces individus et de les livrer à la justice, après avoir établi les constatations et la procédure d'usage.
Prendre toutes les précautions
Tous les hommes de l'ONCFS qui portent l'uniforme sont armés d'une arme de poing. Les entraînements au tir sont réguliers, comme l'est la pratique des techniques d'intervention. On comprend mieux pourquoi Marc Voinson insiste sur la nécessité de respecter scrupuleusement les règles enseignées par la direction du service en matière d'interpellation, car le danger est réel.
La nuit, les interventions sont rendues plus délicates, d'autant que les individus susceptibles de faire l'objet d'un contrôle sont la plupart du temps en possession d'un fusil ou d'une carabine.
Pour Marc Voinson, il s'agit de ne faire courir aucun risque inutile à ses hommes, pas plus à celui ou à ceux qui pourraient être interpellés (*).
Le briefing terminé, le temps de prendre la paire de jumelles à vision nocturne, d'enfiler un gilet pare-balles, et de boire un dernier café, tout le monde s'embarque dans les véhicules de service pour rejoindre les postes d'observation fixés.
Ce soir, la zone d'observation se situe quelque part à proximité d'un important massif forestier, réputé pour sa densité de gibier.
Dans le silence de la nuit...
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, les équipes se mettent discrètement en place. Elles communiquent entre elles par radio, mais aussi par téléphone portable, là ou la couverture du réseau le permet.
Chaque poste d'observation a été préalablement et soigneusement étudié. Il doit offrir un champ de vision le plus large possible, même si on comprend qu'en dehors des nuits de pleine lune, il faut faire usage des jumelles spéciales pour y voir plus clair.
Dans le silence de la nuit tous les bruits sont amplifiés, tout véhicule qui se déplace est facilement repérable, sans parler de l'écho que pourrait produire un coup de feu.
Bientôt, la neige qui tombe a recouvert le sol. Une petite brise du nord accentue la sensation de froid. Quelles que soient les conditions météorologiques, pas question de rester à l'intérieur des véhicules si on veut être opérationnel.
Au milieu de nulle part, dans un décor surréaliste, l'attente commence.
Le silence de la nature qu'aucun des hommes présents ne vient troubler, est impressionnant. A peine ose-t-on prononcer quelques mots, juste le temps de sortir les bouteilles thermos pour boire un café ou un thé, et avoir l'impression de se réchauffer le corps.
En attendant demain soir
Tout à coup, surgissent de nulle part des phares de voitures. Le véhicule, qui roule à faible allure semble venir en direction de la zone surveillée. Les agents de l'ONCFS redoublent d'attention, chacun se positionne et s'apprête à réagir… La tension est palpable, mais de courte durée, le véhicule passe son chemin…
Les heures continuent de s'égrener dans le froid de plus en plus pénétrant.
Finalement, la nuit est calme, Marc Voinson décide alors de lever le dispositif. Retour au siège de l'ONCFS où il anime un rapide débriefing.
Demain soir, une autre nuit de travail attend son équipe.
Mutualiser les moyens pour renforcer l'efficacité
Si ces missions représentent une bonne part des activités du service, les agents de l'ONCFS mènent également d'autres missions parmi lesquelles la gestion, l'aménagement et la mise en valeur du patrimoine naturel.
Ils sont chargés d'assurer la collecte des données et la réalisation d'études sur l'état des espèces et des milieux naturels.
Ils organisent et participent également, à des actions d'accueil, de pédagogie et d'information auprès du grand public.
A noter que dans le cadre des opérations de police, l'année 2009 verra le rapprochement de l'ONCFS et de l'ONEMA (Office national de l'eau et des milieux aquatiques).
Ces deux services qui ont déjà travaillé ensemble seront appelés à mutualiser leurs moyens, ce qui ne pourra que renforcer l'efficacité des contrôles.
La grande majorité des chasseurs qui s'efforcent de gérer au mieux les populations de gibier, et ne souhaitent pas voir leurs efforts mis à mal par quelques individus peu scrupuleux, ne peuvent que s'en réjouir.
Jean-Michel PETREAU
(*) A noter que dans le cadre de leurs missions, les agents de l'ONCFS ne peuvent faire usage de leur arme qu'en état de légitime défense
Source : Bienpublic.com
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