© BERNARD REYMOND | Danger pour le chevreuil qui s’épuise et se blesse dans la neige haute,
et souffre des chiens errants.
Le grand tétras. Il vit perché sur les branches des sapins blancs, dont il consomme les aiguilles. Il économise ses forces au maximum, bouge très peu, et les stress répétés, dus notamment aux activités humaines, peuvent l’épuiser, voire lui être fatals. Alors, en balade, en raquettes, veillez à ne pas trop sortir des sentiers, histoire de préserver l’existence de ce gallinacé dont on a remarqué qu’il tient bon dans le Parc jurassien. Sa population, sur le plan suisse, y est en effet remarquable.
Le tétras-lyre. Il se débrouille mieux que son grand cousin, car il se creuse dans la neige une sorte d’igloo dans lequel il peut jouer à l’esquimau endormi s’il n’est pas dérangé. Pour lui aussi, le ski hors-piste, sauvage, est un adversaire qui l’oblige à accomplir trop d’efforts de déplacements.
Le chevreuil. L’hiver, pour lui, veut dire regroupement. On peut croiser, en plaine, des hardes dépassant dix individus. Ils dégustent les bouts de branche de sapins ou d’autres arbres. Le nombre, c’est bien pour la sécurité: plus il y a d’oreilles et de nez qui entendent et sentent, plus on réduit le danger. Mais quand la neige est dure, craquelée, les fines pattes du chevreuil s’y enfoncent. Il se blesse, il saigne. Le renard retrouve sa piste. Le chien errant aussi. On ne peut attacher les renards, mais attachez vos chiens, vous sauverez des chevreuils qui n’ont plus aucune solution de défense ni de survie quand leur ventre est posé sur la neige.
Le renard. Ah, l’hiver, c’est pour lui. S’il a faim, dans son manteau de fourrure, il se rapproche (encore davantage) des villages et des villes, et il se débrouille bien. Le renard, quand neige et gel le privent de son Mccampagnol ou de son Mctaupe quotidiens, devient prédateur. Il n’hésite pas à suivre, à attaquer, à dévorer vivants les chevreuils trahis par la neige.
Le sanglier. Il n’a pas froid, car sa couche de gras vaut bien nos bons duvets. Quand la température descend, ces gaillards hirsutes se blottissent les uns contre les autres. Durant ses moments de paix, le sanglier laboure le sol, même coriace, avec son pif impressionnant, pour y trouver des vers, un épi de maïs, de quoi garder le moral et le lard. Mais depuis début septembre, il est chassé, et ça durera jusqu’à fin janvier. La neige est son ennemie: lui, d’habitude si difficile à trouver – il vit la nuit – laisse des traces qui le trahissent.
Le cerf. Il se réunit en belles hardes, lui aussi, tous sexes et tous âges confondus, en forêt de plaine. Même le vieux mâle d’ordinaire solitaire accepte la compagnie. Le cerf broute les extrémités des arbres ou entreprend de les écorcer avec une efficacité redoutable. Demandez aux forestiers ce qu’ils en pensent.
Le lynx. Il adore l’hiver et la neige. Une proie par semaine, qu’il choisit sur de vastes territoires, lui suffit. Il ne tue pas pour rien, ni plus qu’il ne faut. Les suivis par émetteur l’ont montré.
Le chamois. Un rustique. Aucun souci. Sauf les avalanches, dans lesquels il est assez souvent emporté. Et des petits riens lui suffisent pour manger. Un dur.
Les rapaces. Pénible pour eux. Quittant les étendues neigeuses désertes, ils se rapprochent des autoroutes pour guetter les souris. Mais les voitures deviennent leurs prédateurs.
Source : 24heures.ch