Un “ examen initial ” sera obligatoire pour vendre du gibier à partir de juillet. Cent cinquante chasseurs sont formés à cette tâche, cette semaine.
On regarde et on palpe le cœur, le poumon et le foie. Examen des viscères de gibiers, hier matin, à la Maison de la chasse de Montrieux-en-Sologne. Face au vétérinaire Jean-Pierre Chaillon, une vingtaine de personnes, traditionnellement préposées à la découpe dans leurs chasses respectives. L'exercice ne les émeut pas : la plupart sont bouchers ou charcutiers de profession. Comme 150 autres chasseurs inscrits à la formation, ils auront, à l'avenir, la charge d'examiner les carcasses cédées (la NR du 19 décembre). Et de remplir la fiche d'accompagnement.
« A partir de juillet, cet examen initial sera obligatoire pour toute vente de gibier, précise Denis Debenest, technicien à la Fédération des chasseurs. Pour le sanglier, il faudra également demander un contrôle trichine (voir ci-dessous) auprès d'un laboratoire. Son coût varie de 90 à 10 € en fonction du nombre de pièces de gibier. On conseille donc aux chasseurs de se regrouper. »
Les mains ensanglantées, le vétérinaire poursuit son examen : « Là, les ganglions sont normaux. Chez un sanglier, ils sont toujours hémorragiques. On veille aussi à ce qu'il n'y ait pas d'adhérence entre les organes. Et si le foie est jaunasse, c'est juste que le sanglier s'est gavé de maïs… »
Les« élèves » acquiescent. Ils connaissent. « Les sangliers pas en forme, c'est pas fréquent », confie Michel Barboux de Villeny, ancien boucher. « Mais ça m'est déjà arrivé d'en écarter. Rien qu'en voyant leur état général… Avec le métier, c'est plus facile. »
Vient la question de la responsabilité : « Pour une cession à un particulier, la personne qui fait l'examen initial s'engage personnellement, poursuit le vétérinaire. Or l'examen n'est pas infaillible à 100 %. Pour toute cession à un professionnel, en revanche, vous pouvez être tranquille : la viande sera ensuite soumise à de multiples contrôles sanitaires. »
“ On importe la moitié des sangliers que l'on mange ”
Et Hubert-Louis Vuitton, le président de la fédération des chasseurs, d'insister : « Renforcer la traçabilité du gibier, c'est le respecter : sa viande sera valorisée. Dans le Loir-et-Cher, on n'est pas habitué à vendre le gibier. Ce n'est pourtant pas une honte ! On importe aujourd'hui la moitié des sangliers que l'on mange. Il y a pourtant, localement, des collecteurs qui achètent cette viande. »
Cécile Lascève
Source : lanouvellerepublique.fr
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