Pour avoir réussi brillamment leur examen de permis de chasser, deux jeunes chasseurs Côte-d'Oriens, se sont vus offrir un séjour de chasse en montagne…
Tout a commencé l'été dernier, époque à laquelle Erwan Selva (19 ans), et Jean-Charles Rion (21 ans), se sont présentés avec succès à l'examen du permis de chasser.
Les responsables de la Fédération départementale des chasseurs de Côte-d'Or ayant constaté que nos deux candidats avaient obtenu les meilleures notes, leur ont proposé de participer à une première : un stage national de chasse en montagne. Le lieu retenu est celui du territoire de la réserve nationale de chasse et de faune sauvage des Bauges, située au nord des Alpes, entre la Savoie et la Haute-Savoie, l'encadrement étant assuré par l'école de chasse du même lieu.
C'est ainsi qu'à la fin du mois d'octobre 2008, seize jeunes gens originaires des régions précitées, parmi lesquels Jean-Charles et Erwan, se sont vus offrir le privilège, trois jours durant, de participer à cette belle aventure.
Un décor grandiose
Le décor dans lequel ont évolué nos jeunes chasseurs est grandiose : vaste théâtre naturel de montagne, formée par la réserve nationale qui s'étire à travers les reliefs du massif des Bauges sur un territoire de plus de 5 200 hectares de forêts, d'alpages et de rochers, entre 1 000 et 2 000 mètres d'altitude. Créée domaniale en 1913, cette réserve est devenue nationale en 1955, grâce à la présence du chamois, animal emblématique du territoire.
Aujourd'hui, on estime à 2 000 le nombre de chamois qui vivent sur ce massif. D'autres grands ongulés, comme les sangliers, chevreuils, et cerfs, y sont également présents. A leurs côtés vivent des mouflons, des tétras-lyres, des perdrix bartavelles, des aigles royaux, des lagopèdes… pour ne citer que les espèces les plus remarquables.
Si nos deux Côte-d'Oriens ont été émerveillés par le spectacle vivant de la nature qui s'offrait à leurs yeux, ils ont également été sensibles au bon accueil qu'ils ont reçu, et à la bonne ambiance qui a régné dans le groupe. De briefings en briefings, ils ont été initiés à la reconnaissance et biologie des espèces d'animaux qu'ils allaient être amenés à chasser. Bien loin de leurs lieux de chasse habituels, nos deux jeunes gens ont dû se familiariser à l'utilisation de la longue vue, et à estimer les distances.
Sur les traces des chamois
Et puis, un beau matin, dans la neige et le brouillard, ils se sont mis en marche vers une zone où avaient été repérés des chamois. Sac au dos, carabine équipée d'une lunette, il a fallu marcher et marcher encore dans un environnement où chaque pas compte. L'approche a été longue, prudente, ponctuée de périodes consacrées à l'observation via la lon- gue vue, le tout sous les conseils avisés de l'accompagnateur, un technicien de l'ONCFS.
Enfin, les chamois ont été repérés, mais il a fallu encore prendre le temps de déterminer avec précision l'animal à prélever.
C'est en position couchée, à distance de 100 à 200 mètres de l'animal, que le tir s'est effectué.
La partie de chasse n'en a pas été terminée pour autant, l'animal prélevé a dû être ramené à dos d'homme.
Rigueur et maîtrise du terrain
Grâce à ce stage, bien entourés de professionnels et de chasseurs expérimentés, nos nouveaux chasseurs ont pu découvrir les spécificités d'un territoire, sa richesse faunistique, les usages locaux et autres pratiques cynégétiques d'altitude. Ils ont appris que la chasse en montagne était exigeante, qu'elle imposait de la rigueur, une bonne maîtrise du terrain, sans compter la nécessité d'être en bonne forme physique pour « avaler » les dénivelées.
Tout cet enseignement répond à la volonté des organisateurs du séjour, qui ont souhaité transmettre un héritage de traditions aux jeunes générations, démontrant que la chasse n'était pas une vaine pratique, qu'elle avait su se moderniser en s'adaptant aux évolutions sociales et en s'entourant des hommes, acteurs indispensables au dynamisme d'un territoire.
Depuis, de retour en Côte-d'Or, Jean-Charles et Erwan ont repris le chemin des cabanes de chasse auxquelles ils sont plus habitués.
Désormais, permis de chasser en poche, ils peuvent profiter pleinement de leur loisir, enrichi d'une très belle expérience.
Nul doute que l'immersion dans une nature gérée, mais préservée, la confrontation avec les éléments de la vie sauvage, la modification de la perception du temps, leur a permis de mieux appréhender l'importance de la contribution de l'homme dans la gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats, et de retrouver le sens des vraies valeurs enseignées par les milieux naturels.
Jean-Michel PETREAU
NB : Source texte F.N.C. (Fédération Nationale des Chasseurs).
Source : bienpublic.com
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