Prévention Situation fragile dans l'Aisne, la Marne et les Ardennes
Malgré des tableaux de chasse impressionnants, le montant des dégâts causés par les sangliers augmente.
Si le torchon brûle entre agriculteurs et chasseurs dans la Meuse, la situation restent également tendue par endroits dans la Marne, l'Aisne et les Ardennes.
Les fédérations de chasseurs de la région, embarrassées par le sujet, craignent une contagion. Elles multiplient les contacts avec le monde agricole et donnent des gages de leur bonne volonté dans la maîtrise des populations de sangliers. Le président Jacky Desbrosse, de la fédération de la Marne, a provoqué une réunion fin novembre avec tous les acteurs du dossier : « Les dégâts sur maïs ont été multipliés par 2,5 depuis 2007. Est-ce là l'effet d'un relâchement après avoir annoncé que nous avons atteint le seuil des 42.000 quintaux de dégâts, seuil défini comme acceptable par le monde agricole ? » Jacky Desbrosse a de nouveau exhorté les détenteurs de lots de chasse à maîtriser le nombre de sangliers. Il a également annoncé un nouvel outil statistique pour affiner le nombre d'animaux et leur gestion.
« Une prise de conscience tardive alors que problème perdure depuis une dizaine d'années, regrette Vincent Jourdan, agriculteur en montagne de Reims, zone dite sensible : « Heureusement, nous ne sommes pas dans la situation de la Meuse. Le dialogue n'est pas rompu. Les chasseurs dans mon secteur commencent à exercer une bonne pression de chasse. Il faut le reconnaître. Je veux être constructif mais je resterai ferme. Le système d'indemnisation est à revoir, l'agrainage doit être interdit, les fédérations doivent
maîtriser leurs troupes - ce qu'elles ont beaucoup de mal à faire -, et les préfets doivent lancer des battues administratives quand c'est nécessaire. »
En 2004, en Argonne, une battue administrative avait provoqué un électrochoc. Si cette solution radicale, vécue comme un échec par les chasseurs, a peu d'impact sur le nombre de sangliers, elle a au moins le mérite de réveiller les consciences. Depuis cette date, la situation est à peu près sous contrôle dans ce secteur. « Ca va mieux, mais on est quand même sur le fil du rasoir », explique Dominique Patizel, un agriculteur qui exploite des terres à la fois dans la Marne et en Meuse.
Dans l'Aisne, le préfet, Stéphane Fratacci, s'est inquiété en réunion publique du « développement des sangliers, source d'insécurité routière ». Cette année, la chasse au grand gibier dans ce département coûtera 62 € au lieu de 38 en 2007. Là encore, la faute aux dégâts. L'équivalent de 500 hectares a été saccagé par le gibier. Ici comme ailleurs, des chasseurs tentent de trouver un équilibre agro-cynégétique alors que d'autres entretiennent de véritables « bordels à cochons », pour reprendre l'expression d'un président de fédération.
Source : L'union
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