Les fédérations départementales tissent des liens pour mieux partager "l'utilisation" de l'espace.
Quand un randonneur se retrouve nez à nez avec un chasseur, le ton monte en général assez rapidement. Ce n'était pas le cas, samedi, au mas Dieu, à Montarnaud, près de Montpellier, où les deux fédérations départementales avaient choisi de se rencontrer sous le signe du dialogue.
Ce rapprochement, initié il y a deux ans déjà, s'est concrétisé de plusieurs façons. Des rencontres entre représentants des instances départementales ont eu lieu notamment lors de leurs assemblées générales respectives.
Une plaquette commune, appelant au partage de l'espace, a été éditée à 50 000 exemplaires. Le premier pas n'a pas été facile, reconnaît volontiers Michel Bessière,

président du comité départemental de la randonnée. « La présence d'un chasseur lors d'une AG a suscité quelques remous la première fois. » Les mentalités ont, depuis, évolué. Le dialogue a permis de dissiper certaines idées reçues.
Et sur le terrain ? « Faire évoluer les esprits prendra du temps, concède Robert Contreras, secrétaire général de la Fédération des chasseurs de l'Hérault. Nous prônons le respect et la concertation lors des réunions que nous tenons régulièrement avec les Dianes locales.
»L'objectif commun est de parvenir à un partage de l'espace en bonne intelligence. « Personne ne doit se l'approprier. Le chasseur a un droit de chasse et l e randonneur un droit de passage », rappelle Robert Contreras.
Chasseurs et randonneurs, avec l'aide des municipalités, veillent aussi à ce que les chemins communaux ne soient pas spoliés par des propriétaires privés. Leurs adhérents sont également bien souvent les seuls à assurer l'entretien de la nature. Leurs activités respectives évitent au milieu, déserté par les troupeaux, de se fermer davantage. Ils doivent aussi jeter un pont avec les pratiquants d'engins motorisés toujours plus nombreux sur les sentiers...Chasseurs et randonneurs se sont donc trouvé bien des points communs. Ce qui ne les a pas empêchés de soulever des questions qui fâchent. Exemples : la sécurité ou le balisage « hétérogène et peu discret » des postes pour les battues aux sangliers.
A l'issue de cette journée, durant laquelle la vingtaine de participants a appris à mieux se connaître, plusieurs pistes ont été évoquées : opération commune de nettoyage , participation de randonneurs aux modules de l'école de chasse. Il a surtout été décidé de multiplier les efforts pour sensibiliser les 25 000 chasseurs et 4 000 randonneurs affiliés de l'Hérault (10 000 au total) et les rapprocher.
Cathy SOUN - Midilibre.com