Canada - Les animaux sauvages sont piégés de multiples façons par l'hiver. Devant un obstacle qu'il aurait facilement franchi en été, ce cerf a mal calculéson saut en s'enfonçant dans la neige et s'est retrouvé en fort mauvaise posture. La bête était au bord de l'épuisement lorsqu'un automobiliste l'a tirée d'embarras.
Photo courtoisie, Sylvain Laflamme
(SHERBROOKE) On sait l'hiver impitoyable pour les animaux sauvages. Le froid, les déplacements éprouvants pour trouver la rare nourriture et les prédateurs constamment sur les talons parce qu'affamés, eux aussi.
Survivre à la saison de tous les dangers est un exploit que ces bêtes doivent réaliser hiver après hiver en ne comptant que sur elles-mêmes. Sauf en de rares occasions, lorsqu'un ange-gardien les sauve d'une mort probable.
Cela s'est produit récemment près d'Ayer's Cliff. Un automobiliste circulant sur l'autoroute 55 a immobilisé son véhicule après avoir aperçu une image pour le moins inhabituelle.
«Je roulais à une centaine de kilomètres heure et j'ai entrevu ce qui me semblait être une patte de chevreuil pendante dans une clôture. C'était tellement bizarre que je me suis arrêté pour aller voir», décrit Sylvain Laflamme.
Comme la plupart des chasseurs d'expérience, M. Laflamme a l'oeil aguerri pour distinguer les formes et la couleur des cervidés. Il ne s'était pas trompé.
En s'approchant, il a vu qu'un corps était accroché à cette patte suspendue. Le chevreuil était prisonnier d'un obstacle qu'il aurait aisément franchi sur la terre ferme en été. Ses pattes arrières s'étant probablement enfoncées dans la neige au moment de prendre son élan pour bondir, son saut a été plus court que prévu. Trois pattes sont passées, la dernière s'est entortillée dans la broche. Le cerf s'est retrouvé avec un sabot plus haut que la tête.
«La petite femelle s'est affolée en me voyant m'approcher. Comme elle était épuisée, elle s'est rapidement calmée. À voir le poil et les morceaux de chair, il est évident qu'elle avait tout donné pour essayer de se libérer. Les broches de la clôture étaient tellement tendues et tordues à cause du poids de l'animal suspendu que j'ai mis une trentaine de minutes à le dégager».
Le chevreuil n'a pas déguerpi une fois retombé sur ses quatre pattes.
«J'ai détourné mon regard sans insister pour ne pas l'effrayer davantage. Dans mon esprit, j'avais accompli mon devoir en lui portant secours. En lui rendant sa liberté, je crois sincèrement lui avoir sauvé la vie. Je ne vois vraiment pas comment ce cerf aurait autrement réussi à s'en tirer».
Lorsque la nature leur offre une proie aussi facile, les coyotes n'ont pas l'habitude de tarder à se pointer pour le festin. Il n'y a pas de certitude à l'effet que ces redoutables chasseurs n'ont pas réussi à retracer cet animal affaibli et blessé.
Grâce à l'intervention du bon Samaritain, s'il y a eu poursuite, elle fut au moins plus loyale...
Luc Larochelle
La Tribune
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