Sale temps pour les sangliers
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Pas franchement Diane, pas non plus fan de sang… ni de sangliers. Un dimanche à la chasse, testé pour vous, alors que les prélèvements sont revus à la hausse. Pas si mal !
Un très beau territoire : 3 000 hectares, c'est la surface de la chasse « le Rallye Epagny » présidé par Jean Descollonges depuis 19 ans. L'homme, ancien garagiste, jovial et sympathique, est adoré de ses actionnaires qui le qualifient « de super-gestionnaire ».
Toute la troupe (1) s'est retrouvée, ce week-end. « Cette chasse séduit car nous avons un très beau territoire, éloigné des zones agricoles » explique Jean Descollonges, un peu ennuyé d'avoir à prélever autant de sangliers. « Nous avons toujours géré le gibier. Il y a 12 ans, nous avions 40 sangliers à faire. Cette saison on nous en demande 300, c'est beaucoup. Je ne voudrais pas déséquilibrer cette population. L'an dernier, avec l'abondance de glands, les laies ont fait trois portées, mais cette année, a priori, il n'y aurait eu qu'une portée », souligne le président.
Le record : 156 kilos
En ce dimanche hivernal, soleil et givre magnifient le paysage : superbe. La battue a démarré à 10 heures. Il y en aura trois dans la journée, comme la veille.
Le président, gilet orangé, fusil cassé, oreille collée à son « Talkie-Walkie » ne cesse de prendre des nouvelles, de donner des consignes. Il est en contact permanent avec le capitaine de chasse, les quatre chefs de ligne. On lui signale le gibier, les tirs, les chiens perdus. La sécurité est omniprésente. Aujourd'hui, 31 personnes sont postées, contre 46, samedi, sans compter les rabatteurs, les accompagnants et 30 chiens.
Une corne sonne, quatre coups : l'annonce d'un sanglier. Le président, regarde sa montre. Les rabatteurs signalent qu'ils ont besoin « de casser la croûte, qu'ils commencent à fatiguer ». Jean Descollonges sonne la fin de la chasse. Deux voitures partent relever le gibier. Ils seront trois hommes pour soulever un gros mâle de 110 kg. Cette saison, le record a été de 156 kg. Le président Descollonges en profite pour rappeler qu'il ne veut pas que l'on tire les jeunes de moins de 20 kg. Serge, le chef des traqueurs, explique au passage que la chasse « c'est aussi l'agrenage, un travail de suivi énorme ». Un chasseur se lave les mains dans une flaque. Ici, on ne fait pas dans la dentelle.
Aussitôt préparés
Les voitures chargées de bêtes descendent à la cabane de chasse située à Epagny. Après avoir été pesés, répertoriés, les sangliers sont aussitôt préparés en chambre froide. La viande sera remise aux actionnaires chasseurs et le surplus revendu à des marchands de gibier. On aimerait, c'est une idée en l'air, qu'un geste soit fait, un jour, en faveur des Restos du Cœur…
Là-haut, dans les bois, une nouvelle traque vient de démarrer. Elle durera jusqu'à la tombée du jour. Dans la maison de chasse, un grand feu de cheminée chauffe la salle qui accueillera, tout à l'heure, les chasseurs. Un chien, grièvement blessé, doit être emmené en urgence chez un vétérinaire. Tout le monde n'est pas à la fête…
Catherine VACHON
(1) Seuls 14 actionnaires sont côte-d'oriens, les autres viennent de Belgique, de Suisse et divers départements français.
Source : Bienpublic.com
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