Traçabilité du gibier : de la traque à l'assiette
En juillet prochain, toutes les carcasses de gibier cédées devront faire l'objet d'un examen initial. Cent cinquante personnes vont être formées à cette tâche.
Soixante-dix pour cent de la venaison consommée dans l'Hexagone sont importés d'élevages provenant de l'étranger. Cette valorisation locale, nettement insuffisante au regard des prélèvements réalisés annuellement en grand gibier, va évoluer favorablement dans l'avenir avec l'application des nouvelles directives européennes. « Il s'agit d'assurer, dès juillet prochain, la traçabilité du gibier cédé à l'issue d'une chasse et d'attester qu'il a fait l'objet d'un respect continu », explique Denis Debenest, technicien à la Fédération des chasseurs, récemment désigné référent départemental pour cette nouvelle mission.
Denis Debenest doit en effet former les chasseurs, environ cent cinquante personnes, qui auront la charge d'examiner, chacun pour leur territoire, les carcasses et le petit gibier. Toutes participeront à cette formation de quatre heures durant les mois de janvier et février, à la Maison de la chasse de Montrieux-en-Sologne. « Pas question d'en faire des vétérinaires ! Simplement les aider à pratiquer un examen initial d'une carcasse, à s'informer auprès du chasseur sur le comportement de l'animal avant le tir, et à déterminer en observant l'animal s'il était blessé ou malade. »
Une fiche d'accompagnement du gibier sera remplie, sur le même principe que pour une carcasse provenant d'un abattoir. Figureront l'identité de l'examinateur formé pour cette mission, celle du premier détenteur du gibier et la destination qui lui est réservée. S'agissant du sanglier, le chasseur devra également obtenir un contrôle trichine auprès d'un laboratoire. L'examen initial sera obligatoire pour toutes les carcasses destinées aux repas associatifs et aux repas de chasse.
La traçabilité ainsi assurée facilitera la commercialisation du gibier et impliquera d'une manière plus marquée encore le monde cynégétique dans ses actes de chasse. La création d'une filière spécifique à la viande de gibier, créée pratiquement dans le même temps, va constituer un véritable tremplin pour la vente de la venaison. La toute nouvelle marque « Gibier de chasse, chasseurs de France », actuellement testée dans certaines chaînes de détaillants, donne des résultats encourageants.
|